Nucella lapillus dans " Homéotéleutes "









NUCELLA LAPILLUS






« Jouant des effets de transparence, dans un bocal en verre traînant sur l'étagère, gastéropodes, bivalves ensemble assemblés, la nacre d'une huître, un pétoncle à ventouses, une étoile de mer, une patelle dentelée, charnue et striée, une coque cassée à qui il manque une aile … c'est le menu butin d'un jour au soleil. Attentive, elle observe aujourd'hui dans ses mains, cette inventivité plastique et pourtant naturelle servant parfois aussi de candide rocaille pour orner les jardins.

Collant le plus gros à son oreille, un cormaillot ventru et picoté de vers, le chuintement suggestif devient une image... Et par le chant alambiqué du subtil coquillage vient aux yeux, comme un succédané de sable… puis tout aussitôt un bel accent suave qui fait comme :
- Embarquement immédiat, destination plage ! …

Le coquillage appelle aussi d'autres échos : l'ombre d'un parasol, un poulet grillé, un joyeux bikini baignant en plein soleil, l'arasement des dunes soutenues par les pins, des voiles qui vaguent au loin, une flore gorgée d'iode, d'eau et de soleil.

Du petit vibraphone vient aussi la mélopée des choses de la mer : praires, couteaux et petits bigorneaux roulés dans le sable, les rouleaux renflés par la houle du large, les sternes railleuses sillonnant la rade, la risée tonique, l'odeur fraîche du göemon, ces algues noires et vertes qui rampent sur les jambes lorsqu'on nage dans les criques de la mer atlantique et puis aussi la vase, les petits vers de sable qui se forment dans l'estuaire…

Regardant de très près ses petits coquillages, goûtant de mémoire les chairs mollusquées revenues à la poêle, le kir au muscadet que l'on sert bien frais, le coucher du soleil, la nuit sur la mer, elle sifflote gaiement cet air niais et yéyé : « Coquillages et crustacés / Sur la plage abandonnés ... »
Au-delà du balcon, son regard s'attendrit sur d'anciennes vacances tandis que de vieux vers arrivent en résonance :

« Ainsi sous le regard humain
Ce petit corps calcaire
Creux et spiralé
Appelle autour de soi
Quantité de pensées
Dont aucune ne s'achève »

Paul Valéry extrait de « L'Homme et sa coquille »




.................................................................................................................................

- cormaillot dit bigorneau perceur ou

- gastéropodes, bivalves, pétoncle à ventouses, patelle : des noms de coquillages

NUCELLA LAPILLUS






« Jouant des effets de transparence, dans un bocal en verre traînant sur l'étagère, gastéropodes, bivalves ensemble assemblés, la nacre d'une huître, un pétoncle à ventouses, une étoile de mer, une patelle dentelée, charnue et striée, une coque cassée à qui il manque une aile … c'est le menu butin d'un jour au soleil. Attentive, elle observe aujourd'hui dans ses mains, cette inventivité plastique et pourtant naturelle servant parfois aussi de candide rocaille pour orner les jardins.

Collant le plus gros à son oreille, un cormaillot ventru et picoté de vers, le chuintement suggestif devient une image... Et par le chant alambiqué du subtil coquillage vient aux yeux, comme un succédané de sable… puis tout aussitôt un bel accent suave qui fait comme :
- Embarquement immédiat, destination plage ! …

Le coquillage appelle aussi d'autres échos : l'ombre d'un parasol, un poulet grillé, un joyeux bikini baignant en plein soleil, l'arasement des dunes soutenues par les pins, des voiles qui vaguent au loin, une flore gorgée d'iode, d'eau et de soleil.

Du petit vibraphone vient aussi la mélopée des choses de la mer : praires, couteaux et petits bigorneaux roulés dans le sable, les rouleaux renflés par la houle du large, les sternes railleuses sillonnant la rade, la risée tonique, l'odeur fraîche du göemon, ces algues noires et vertes qui rampent sur les jambes lorsqu'on nage dans les criques de la mer atlantique et puis aussi la vase, les petits vers de sable qui se forment dans l'estuaire…

Regardant de très près ses petits coquillages, goûtant de mémoire les chairs mollusquées revenues à la poêle, le kir au muscadet que l'on sert bien frais, le coucher du soleil, la nuit sur la mer, elle sifflote gaiement cet air niais et yéyé : « Coquillages et crustacés / Sur la plage abandonnés ... »
Au-delà du balcon, son regard s'attendrit sur d'anciennes vacances tandis que de vieux vers arrivent en résonance :

« Ainsi sous le regard humain
Ce petit corps calcaire
Creux et spiralé
Appelle autour de soi
Quantité de pensées
Dont aucune ne s'achève »

Paul Valéry extrait de « L'Homme et sa coquille »




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- cormaillot dit bigorneau perceur ou

- gastéropodes, bivalves, pétoncle à ventouses, patelle : des noms de coquillages

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