" La sortie au théâtre " dans " Tartinade-maison "





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Il y a quelques semaines, je me suis retrouvée en arrêt maladie. C'était embêtant car j'avais en quelque sorte l'épaule un peu immobilisée. Ceci dit, je devais, normalement aller au théâtre, le jeudi soir. J'avais effectivement pris un abonnement de théâtre à l'année (ceci me permettait de voir une dizaine de pièces à prix modéré) et bien qu'en arrêt, je ne me voyais pas ne pas y aller : la douleur à l'épaule, une fois anesthésiée plusieurs fois par jour par des anti-inflammatoires, était supportable.

C'est donc en voiture que je me suis rendue à l'annexe de la Sécurité sociale dans mon quartier. J'ai été reçue par l'assistante que je souhaitais le moins rencontrer... En effet, ayant patienté une bonne demi-heure, j'avais eu l'occasion de l'entendre recevoir différentes personnes et de traiter certains dossiers de manière plus qu'expéditive... Pour éclairer le mystère, il s'agissait d'une très grosse dame à l'air dogue... Et c'est sur un ton rogue qu'elle exigeait de savoir sur le champ le motif de déplacement de tous ces braves gens qui défilaient à son bureau... Fallait voir l'accueil... Mais je vous laisse l'imaginer.

Lorsque ce fut mon tour, je n'en menais pas large... Voici de quelle manière je formulai ma requête à cette dame qui avait des accents de geôlier de prison :

— Bonjour... Je suis en arrêt mais je dois aller au théâtre ce soir... Puis-je prendre mon véhicule pour y aller ? Le médecin a écrit sur mon arrêt maladie : "Sorties thérapeutiques autorisées". Pour moi, il s'agit bien d'une sortie thérapeutique... mais pour vous ? Je veux dire : si je prends mon véhicule ce soir et que j'ai un accident, la Sécurité sociale me couvrira-t-elle ? (vous comprenez ce que je veux dire ??)

Le dieu des Forgerons ou Cerbère gardant les Enfers (vous choisissez hein!) me regarda d'un air profondément malveillant... J'avais le coeur qui battait un peu plus vite que d'habitude... je me sentais presque coupable... Evidemment, le geôlier me fit répéter. Brusquement, elle se tourna vers une de ses collègues :
— Liliane, l'entendis-je vociférer à l'adresse d'une jeune personne affable (celle avec qui j'avais espéré passer!), est-ce que c'est thérapeutique ça le théâtre ? dit-elle sur un ton qui laissait présager que le théâtre n'était pas du tout sa tasse de thé... Et elle répéta : "C'est thérapeutique ça le théâtre ??" et toutes ses collègues avaient le visage rivé sur moi...

Alors ? C'est thérapeutique ça le théâtre ??
Allez savoir...

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